Archive dans mars 25, 2020

Agissons en solidarité avec les salariés qui exercent leur droit de retrait

Interpellation des élus (et futurs élus) des collectivités territoriales

(en l’occurrence toutes celles qui sont incluses dans le périmètre de l’agglomération mulhousienne (M2A)).

Dans de nombreuses entreprises et établissements publics dont le maintien en activité est présenté comme “indispensable à la vie de la nation“, des patrons et DRH imposent aux salariés des conditions de travail qui les mettent en danger. Quand toutes les précautions ne sont pas prises pour se protéger du coronavirus, cela n’affecte pas seulement des salariés qui, de fait, n’ont pas droit au “confinement” : ceux qui seront contaminés contamineront leurs familles, voire les membres de l’équipe où ils travaillent ainsi que les clients ou usagers qu’ils serviront. Une partie importante de la population sera donc touchée. Des morts s’en suivront chez les plus vulnérables.

Il faut bien constater, une fois de plus, qu’on ne peut pas compter sur les “élites” et autres dirigeants et gouvernants pour faire des choix pertinents. Même dans les circonstances exceptionnelles que nous traversons, beaucoup d’entre eux continuent de protéger obstinément le système et sa loi dominante, celle du fric.

Une exigence adressée aux élus et candidats

C’est pourquoi, en tant que citoyen-ne-s conscient-e-s des enjeux, nous exigeons de nos élus du secteur M2A qu’ils soutiennent clairement les salariés de l’agglomération qui cherchent à exercer leur droit de retrait à l’encontre des ordres aberrants de leur hiérarchie. Notre exigence concerne aussi les candidatsaux municipales figurant sur les listes susceptibles d’avoir des élus sur la base des résultats du 1er tour ; ils devraient, eux aussi, faire la preuve qu’ils sont capables d’œuvrer dans l’intérêt général…

Un soutien aux salariés en rébellion doit être apporté tant sur le plan politique que sur le plan pratique :

Les sanctions pour manquement aux règles et précautions sanitaires doivent aussi s’appliquer à l’intérieur des entreprises et des services où les agents chargés du contrôledoivent pouvoir se rendre inopinément, accompagnés de syndicalistes, d’élus, de candidats, d’un inspecteur du travail, voire de citoyens volontaires et déterminés.

Nous attendons de nos élus et candidats qu’ils mettent sur pied sans tarder de tels comités de contrôle auxquels les salariés pourront faire appel en cas de besoin afin de faire valoir leur droit à une sécurité sanitaire maximale et à l’usage du droit de retrait, si nécessaire.

Parallèlement, tout doit être fait par les élus et candidats pour que la fourniture de masques, de gel hydro-alcoolique, de tests, etc, soit assurée.

La mise à disposition de tests de dépistage est essentielle : leur utilisation systématique et répétée permettrait de confiner immédiatement les salariés contaminés et de les traiter par médicaments (comme ceux que préconise le Pr Raoult de Marseille, par exemple). Et la

méthode pourrait servir d’exemple pour une utilisation progressive à l’ensemble de la population dont le confinement serait levé au fur et à mesure que l’usage des tests de dépistage pourrait s’étendre (si cette façon de faire n’est pas encore vraiment appliquée pour l’instant, c’est d’abord dû au fait que les autorités n’ont pas trouvé le courage politique et/ou n’ont pas été capables, hélas, de la mettre en œuvre au début de la crise sanitaire).

Un exemple

Pour soutenir, par exemple, les postiers du secteur (ceux de la plateforme multiflux de Didenheim, ceux de Pfastatt, de Mulhouse-Ville, etc, se sont affrontés aux autorités qui refusent d’organiser une sécurité sanitaire digne de ce nom), il suffirait que nos élus et candidats appuient les préconisations d’un syndicaliste membre du CHSCT qui propose d’ “établir un service minimum de quelques agents qui livreraient les lettres et colis en lien avec la sécurité et le service médical” (L’Alsace du 20 mars 2020). Des propositions de bonsens et efficaces si elles sont accompagnées de précautions étendues à l’ensemble des activités de La Poste et de ses filiales. Elles permettraient de commencer avec un effectif salarié réduit, compatible avec une disponibilité encore réduite, pour l’instant, des tests de dépistage. Les effectifs et l’activité postale pourraient s’accroitre au fur et à mesure de l’augmentation de l’approvisionnement de ces tests.

Nous attendons de nos élus et candidats sur M2A qu’ils s’opposent fermement aux ordres délétères de la direction de La Poste sur le secteur et aux tergiversations du Préfet, et qu’ils contribuent à apporter aux salariés en saine rébellion un appui matériel et politique adapté.

Nos objectifs

Citoyen-ne-s engagé-e-s et déterminé-e-s, nous nous efforcerons dans ces circonstances exceptionnelles de diffuser au plus vite, par internet, le présent message auprès de nos élus et candidats afin de les inciter à prendre leur responsabilité.

Pour notre part, nous sommes prêt-e-s à agir solidairement avec tous les salariés des entreprises et des services publics qui exerceront leur droit de retrait et définiront les conditions de reprise de leur activité.

De manière plus générale, nous appuierons toute initiative qui donnera à ceux qui triment, en bas, l’occasion de reprendre les manettes et l’offensive face aux mises en cause des droits, libertés et avantages acquis, actuellement perpétrées dans un style martial.

Nous nous efforcerons aussi de partager des informations vérifiées sur une situation qui va évoluer très vite sur tous les plans.

Message initié par des membres de l’association “A Contre Courant”.

Contact : courrier@acontrecourant.org N’hésitez pas à contacter aussi les expéditeurs-trices du présent courriel.