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La politique nucléaire de la France… atomisée !

À partir de ce vendredi 22 janvier 2021, la France fait partie des États voyous qui ne respectent pas la législation internationale.

En effet, aujourd’hui, nous voyons entrer en vigueur le TIAN, le Traité d’interdiction des armes nucléaires, adopté par 122 États à l’ONU en 2017. Il a fallu attendre qu’il soit ratifié par 50 pays pour qu’il soit actif. C’est dès aujourd’hui le cas.

Soixante-seize ans après les bombardements sur Hiroshima et Nagasaki, l’interdiction des armes nucléaires est la nouvelle norme du droit international. Il devient illégal pour les États-parties de « mettre au point, tester, produire, acquérir, posséder, stocker, utiliser ou menacer d’utiliser des armes nucléaires. »

C’est sans conteste un grand pas pour l’humanité, sans oublier que le TIAN interdit également le financement et l’investissement par le secteur bancaire.

Savez-vous que la plupart des grandes institutions financières françaises investissent plusieurs milliards d’euros dans des entreprises fabriquant des systèmes d’armes liées à la dissuasion nucléaire ?

Dorénavant, les banques et les fonds de pension ne peuvent plus faire du profit sur un possible cataclysme nucléaire !

La dynamique est en marche, des institutions financières (Deutsche Bank, fonds de pension hollandais et norvégien, Japan Post Bank Co, Bank Australia, …) ont déjà inscrit le refus du financement des armes nucléaires dans leur politique d’investissement.

Il est temps maintenant de démanteler les stocks de bombes. Neuf pays possèdent à ce jour environ 13 865 armes nucléaires, dont 2 000 sont maintenues en état d’alerte dont 280 pour la France. Ces armes sont prêtes à être utilisées en quelques minutes.

La plupart des armes nucléaires d’aujourd’hui sont des dizaines de fois plus puissantes que celle utilisée à Hiroshima. Une seule tête nucléaire, si elle explosait au-dessus d’une grande ville, pourrait tuer des millions de personnes et ses effets persisteraient pendant des décennies.

L’arsenal de la France est constitué — depuis 2011 — de 300 ogives.

L’échec des puissances nucléaires à désarmer a augmenté le risque que d’autres pays acquièrent des armes de ce type. La seule garantie contre la prolifération et l’utilisation d’armes nucléaires est de les éliminer sans plus de délai. Bien que les dirigeants de certains États dotés d’armes nucléaires aient exprimé leur vision d’un monde sans armes nucléaires, ils ont échoué à proposer un plan détaillé pour éliminer leurs arsenaux et, au contraire, poursuivent leur modernisation.

Cette avancée dans le respect de la vie et des droits humains, est en partie le fruit du travail d’un collectif international, ICAN, qui mena campagne sur ce sujet et reçu le Nobel de la paix en 2017.

Mais il ne faut pas oublier les milliers de militants qui de par le monde œuvre et œuvrèrent en ce sens, dont, parmi d’autres, pour l’Alsace, Solange Fernex qui initia avec Théodore Monod, en 1985, un jeûne pour l’abolition des armes nucléaires. Une action qui s’est développée et continue d’être organisée, en plusieurs lieux en France comme à l’internationale, chaque année du 6 au 9 août.

Pour Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des armements et co-porte-parole de ICAN France,  « Croire que jamais un de ces États n’utilisera son arsenal, par erreur avec le risque des cybermenaces, où volontairement est une pensée insensée. Peu importe que cette détonation se réalise en Asie ou en Russie, nous en subirons les conséquences humanitaires, climatiques, sécuritaires et économiques. L’absence volontaire d’action concrètes de la France en faveur du désarment nucléaire est dangereuse. Il est urgent que la France s’ancre dans la nouvelle réalité du monde, celle qui regroupe la majorité des États de la communauté internationale qui soutient le Traité d’interdiction des armes nucléaires. »

http://icanfrance.org/

http://obsarm.org/

http://abolitiondesarmesnucleaires.org

Ce que vous pouvez faire contre les armes nucléaires :