Des impérialismes

Des impérialismes

« Toute notre action est un cri de guerre contre l’impérialisme et un appel vibrant à l’unité des peuples contre le grand ennemi du genre humain : les Etats-Unis. »

Ernesto Che Guevara – Message à la Tricontinentale en 1967

Cet article est inspiré d’un dossier du journal en ligne A l’encontre, lui empruntant de larges extraits sur  l’impérialisme à travers – mais pas uniquement – la Russie de Vladimir Poutine.

L’impérialisme est l’action politique d’un Etat cherchant à conserver ou à étendre sa domination sur d’autres Etats, d’autres peuples, d’autres territoires. Les prétentions expansionnistes d’un tel régime peuvent aussi bien être pratiquées directement (militairement) que par l’intermédiaire de sphères d’influences économiques, politiques, judiciaires, culturelles, technologiques, bref, hégémoniques. Comprenons le colonialisme et son avatar, le néocolonialisme, comme une expression impériale. Ainsi, la Russie envahissant l’Ukraine témoigne de la forme impérialiste la plus directe et la plus violente possible.

La genèse russe

La dynamique économique, suite à l’effondrement de l’Union Soviétique en 1991, se conjugua avec son intégration au marché mondial. Le développement d’un « capitalisme des oligarques » (la classe dominante) a été conçu par des économistes américains et russes et le soutien financier du FMI n’a jamais manqué. Les programmes mis en place à l’initiative de ce dernier et de la Banque Mondiale (BM) ont été qualifiés de « thérapie de choc » par Jeffrey Sachs, professeur à Harvard ; il fut un de ses promoteurs. Dans les pays ex-« socialistes » ces prescriptions se sont traduites par ce que Marx nommait une « accumulation primitive du capital », reposant sur les procédures les plus brutales d’exploitation de la force de travail. (Mais c’est l’ensemble des pays de l’ex URSS qui ont vu émerger de nombreux oligarques, aux origines maffieuses, et ont subi une thérapie analogue).

A la suite de la Perestroïka, engagée par Mikhaïl Gorbatchev durant les années 80, les usines furent privatisées en application de cette thérapie. Seuls trois ou quatre groupes d’oligarques dominent alors l’économie et la politique russe. Toutefois, les conséquences sociales de l’accumulation primitive (baisse de l’espérance de vie, perte de droits sociaux, revenus en baisse, etc.) seront attestées notamment par les grèves des mineurs de charbon en 1998.

Aussi, le pillage organisé des ressources naturelles, la soumission aux USA du président Eltsine (souffrant d’alcoolisme), assortie à la domination du bloc transatlantique, se traduisirent par son contraire, la restauration étatique incarnée par Vladimir Poutine. En effet, cette « unité » au sein de l’aire euro-atlantique de Vancouver à Vladivostok, déclarée communément par Bill Clinton et Boris Eltsine en 1993, s’était au final traduite par un effondrement économique de la Russie et une expansion de l’OTAN – déjà qualifiée d’« inacceptable » en 1997 !

Avec l’accession de Poutine au Kremlin en mai 1999 et une sévère réorganisation/épuration de l’appareil d’État, la politique économique est édifiée autour de son renforcement, s’appuyant prioritairement sur l’appareil militaro-industriel, les industries d’extraction et des renationalisations. En 2011, la Russie adhérera à l’OMC, confirmant le vœu de Poutine d’intégrer la globalisation économique et financière. En 2019, la Banque Mondiale classait encore la Russie au 31° rang des pays selon la facilité d’y faire des affaires, soit un rang devant la France. Les multinationales elles-mêmes appréciaient les ambitions de Poutine, ainsi que le déclare l’ancien PDG de BP : « Loin d’être considéré comme un apprenti-dictateur, Poutine était vu comme le grand réformateur, celui qui donnerait un bon coup de balai dans les écuries. » Ou encore le PDG de BlackRock, premier fonds d’investissement mondial : « Au début des années 1990, l’insertion de la Russie dans le système financier mondial fut saluée, (…) connectée au marché mondial des capitaux et fortement liée à l’Europe occidentale. »

Poutine a donc totalement endossé l’expansion du capitalisme en Russie et son intégration dans le marché mondial, mais à l’instar de la Chine, sous condition du maintien d’un contrôle étroit de son économie et de la population. La politique économique rencontra des succès. Le PIB et les revenus des ménages augmentèrent, les investissements étrangers affluèrent, l’export progressa. Cette embellie économique disparut la décennie suivante. La forte croissance du PIB (+7% par an entre 1999 et 2008) produite par le gaz et le pétrole s’est brutalement réduite au point de stagner entre 2009 et 2020. La période de forte croissance résultant de l’accumulation massive de la rente énergétique durant l’embellie permit de quintupler la production des énergies fossiles. Le prix, lui, a plus que doublé durant la même période. Faute de diversification industrielle d’ampleur, l’économie et les finances publiques dépendantes de cette rente en pâtiront ! Selon l’OCDE, en 2018, la part du secteur pétrolier et gazier a été de 39% de sa production industrielle, de 63% de ses exportations, et de 36% de ses recettes budgétaires.

L’objectif de Poutine était de ressusciter une géopolitique imposante de la Russie dans l’espace mondial. Il a reconstitué l’industrie de l’armement, mis en place des structures centralisées d’exportation, tout en maintenant une forte croissance des dépenses militaires après la crise de 2008, augmentant ainsi mécaniquement un PIB stagnant jusqu’en 2017. Les dépenses consacrées aux systèmes d’armes représentent environ 62-65% du budget militaire – proportion bien supérieure à celle des pays riches, dont celui des Etats-Unis. Le président russe a donc affermi deux axes essentiels à sa politique : l’appareil militaro-industriel et la mise au pas des oligarques cosmopolites.

A la fin des années 2000, l’accumulation des difficultés économiques est allée de pair avec des ambitions militaires croissantes. Faire la guerre coûte d’autant plus cher que l’économie stagne ; davantage de guerre, c’est davantage de ponctions opérées sur le PNB (…)

Il semblerait en effet que des interrelations entre, d’une part, l’intensification militariste et, d’autre part, ses difficultés économiques, ajoutées à une baisse continue de sa présence dans le big marché depuis l’annexion de la Crimée en 2014, soient effectives. 

Velléité impériale

L’invasion de l’Ukraine complète un interventionnisme qui s’intensifie depuis ces 20 dernières années. Mais, les ambitions de Poutine ainsi que les conséquences et transformations au sein de la Russie n’expliquent pas totalement l’invasion de sa voisine. Celle-ci est également « permise » avec les bouleversements de l’ordre géopolitique et économique mondial suite à la crise financière de 2008 qui a mis fin à la période de domination sans égale des Etats-Unis.

Quatre principaux événements résument ces bouleversements : la crise financière de 2008, affaiblissant les économies des Occidentaux, en particulier des USA et de l’UE, la percé de la Chine en tant que puissance géo-économique, les embourbements de l’US Army en Irak et en Afghanistan, les printemps arabes… Cette substantielle évolution de l’espace mondialisé a en premier lieu « autorisé » Poutine à inaugurer le nouvel impérialisme russe dans la région et au-delà.

La guerre en Ukraine serait en effet le dernier (?) maillon d’une chaîne d’invasions décidées par le locataire du Kremlin : en Tchétchénie (1999-2000) , en Géorgie pour soutenir l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie (2008), en Ukraine pour soutenir l’indépendance des régions de Louhansk et de Donetsk et annexer la Crimée à la Russie (2014), l’envoi de troupes afin d’aider la répression des manifestations au Kazakhstan (janvier 2022). Ajoutons également une consolidation de ses positions militaires au Moyen-Orient (qui fait suite au soutien au régime syrien depuis 2011), le groupe Wagner en Afrique et au Moyen Orient.

Avec la globalisation et son levier, la doxa libérale, le terme d’impérialisme avait disparu des sphères politico-diplomatiques de ces dernières décennies , balayé par la fin de l’Histoire décrétée par l’Occident. R. Cooper, conseiller diplomatique de Tony Blair (premier ministre du Royaume Uni de mai 97 à juin 2007) puis Javier Solana (représentant l’UE pour sa politique de défense), l’avaient résumé : « la nécessité d’un impérialisme libéral capable de faire la guerre à cette autre partie de l’humanité barbare. Impérialisme libéral, humanitaire, tel est le fardeau de l’homme occidental à l’ère de la mondialisation ;»Les guerres en Afghanistan, en Irak, en Libye en sont les témoins meurtris.

Les commentateurs officiels utilisent le terme impérialisme uniquement dans le sens de la violence militaire, justifiant de facto le comportement « démocratique » occidental : l’impérialisme serait l’expression même du nouveau « Tsar de toutes les Russies », à l’image de l’État antérieur à 1917. Ce raccourci trans-historique très loin de pertinentes analyses, permet ainsi de « noyer le poisson » des  turpitudes néocolonialistes de l’UE et des Etats-Unis.

Cette accusation d’un immortel impérialisme russe omet volontairement la rupture, certes  temporaire mais profonde, opérée au début du régime soviétique. Poutine reproche d’ailleurs « à la Russie bolchevique et communiste » d’avoir soutenu le droit du peuple ukrainien, mais également celui d’Arménie, d’Azerbaïdjan, de Biélorussie, de Géorgie… à l’autodétermination. Lénine avait en 1914 déclaré : « Ce que l’Irlande était pour l’Angleterre, l’Ukraine l’est devenue pour la Russie : exploitée à l’extrême, elle ne reçoit rien en retour ». Trotski reprit aussi, contre l’extermination du peuple ukrainien par Staline, l’exigence que « le droit à l’autodétermination nationale est bien entendu un principe démocratique et pas socialiste ».

Après l’impérialisme millénaire, le contemporain

Les Etats du monde ne fondent pas un grand marché théorisé par les économistes dominants, mais un vaste front constitué de rapports de force auxquels se confrontent les industrieuses accumulations du capital, tout en interagissant avec l’organisation du système international des Etats.

Rappelons que le capital est un rapport social, politiquement construit autour d’Etats souverains, se déployant sur des territoires nationaux. Si des mesures ont permis au capital argent de prêt de circuler sur les marchés financiers, sa valorisation prédatrice dépend toujours de l’accumulation productive qui demeure le fondement de la création de valeur et qui est par définition territorialisée. Le fait que le capitalisme a créé le marché mondial n’a pas aboli les frontières nationales, et moins encore les rivalités économiques et politiques qui en résultent.

De facto, l’espace mondial est hiérarchisé et inégal selon la puissance de l’Etat : son statut dépend de ses  performances économiques et de sa force militaire. On trouve donc les mêmes Etats dans la hiérarchie économiques et militaires. Aussi, il convient de dénommer impérialiste l’Etat qui oriente à son avantage le fonctionnement du système, capturant de la valeur créée chez les autres. Mais leur comportement n’est pas homogène, des distinctions combinent un mix de leurs performances économiques et de leurs capacités militaires. La Russie développe ses capacités  pour défendre son statut contre les Etats-Unis et l’OTAN ; ses guerres de conquête sont similaires aux guerres de colonisation menées jadis par les Etats européens et les Etats-Unis dans leur expansion.

L’Allemagne d’aujourd’hui, à l’opposé de la Russie, s’est imposée grâce à l’ouverture de l’économie mondiale dont elle tire d’importants revenus, surtout par son expansion dans les pays de l’Est européen. C’est par le commerce, au détriment de ses partenaires de l’UE qu’elle assure sa suprématie.

Les Etats-Unis sont un cas  particulièrement unique. Après 39-45, installant avec les pays de l’Europe de l’Ouest un bloc transatlantique dirigé contre l’URSS et la Chine, son empire repose sur un triptyque : l’intégration économique des capitaux financiers et industriels, l’OTAN, une communauté de « valeurs » associant économie de marché/démocratie/paix. Ajoutons des alliances en Asie-Pacifique qui reposent sur le même triptyque avec le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande.  L’oncle Sam investit 40% des dépenses militaires mondiales. Il détient près de 800 bases militaires réparties dans plus de 70 Etats. Et Jo Biden annonce une augmentation du budget militaire de 813 Mds/$ en 2023.

La France ne fait pas exception à cet empirique économie/défense, son statut de puissance nucléaire la maintient comme puissance mondiale bien que, dans le nouvel environnement post-2008, ses interventions militaires sapées en Afrique sont à l’image de son poids économique dans le monde. En tant que leader de l’UE avec l’Allemagne, ses prétentions « impériales » restent néanmoins vivaces et ses multinationales parsèment aussi la planète.

L’empire libéral

L’invasion de l’Ukraine a démystifié la mondialisation pacifique, elle semblait pourtant être confortée par l’intégration de la Russie dans cet espace après la mort soviétique. Le mythe d’un capitalisme pacifique justifiait que la paix résulterait de l’extension de l’économie de marché, réalisant la synthèse des volontés individuelles « libres et souveraines ». La paix serait renforcée par la croissance des échanges commerciaux et financiers, l’interdépendance économique amenuiserait les pulsions bellicistes : « deux pays qui ont des restaurants McDonald’s ne se font pas la guerre puisqu’ils partagent une vision commune. » Or, la présence de 850 restaurants en Russie qui emploient 65 000 salariés n’aura pas convaincu Poutine.

Depuis trente ans, les conflits armés prolifèrent : en 2020, on comptait 34 conflits armés dans le monde. On estime que 90% des morts des guerres des années 1990 sont des civils. En 2000, les Nations Unies comptaient 18 millions de réfugié-es et déplacé-es internes, mais ils/elles étaient 67 millions en 2020. En Afrique par exemple, des factions ethniques s’opposent à l’intérieur des Etats, conflits qualifiés de guerres civiles. En conséquence, au sein de la BM, du FMI, on les imputait à une mauvaise gouvernance. Or c’est tout le contraire : les guerres « locales » ne sont pas enclavées dans un monde connecté, elles sont intégrées au sein de la mondialisation. Le pillage des ressources qui enrichit les élites locales et les seigneurs de guerre alimente cette situation. Puis ces « élites », soutenues par les Etats développés, les légitiment comme membres de la communauté internationale et recyclent grâce aux institutions financières et aux paradis fiscaux leurs fortunes accumulées grâce à la guerre et à l’oppression des populations.

Aujourd’hui, en 2022, seuls 54 pays ne connaissent pas de conflit interne, ou externe, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont sans relation avec un voisinage torturé.

L’économie est la continuation de la guerre par d’autres moyens.

Les grands Etats adaptent les échanges économiques en terrain d’affrontements géopolitiques, se traduisant par une militarisation du commerce. Après avoir stimulé le libéralisme avec l’OMC sous l’égide états-unien, ladite communauté internationale, face à la montée des nationalismes et des blocs impérialistes concurrents, a érigé de nouvelles barrières protectionnistes contre la Chine notamment. En outre, pour des raisons dites de sécurité nationale dont abusent les USA, tout un régime de sanctions économiques est mis en œuvre. Les Etats occidentaux les utilisent notamment contre la Russie, la Chine, l’Iran, tous trois sont des Etats impérialistes. Tous trois possèdent des atouts sur le marché global (production industrielle et énergétique à l’export), tous trois ont des ambitions expansionnistes. Et bien que l’oncle Sam prétend que cette sanction permet de ne pas conclure à l’escalade militaire, ses desseins visent tout d’abord à capitaliser son business même s’il convient de le faire également sur le dos des Etats partenaires et amis.

Expression fanatique démente : dès le lendemain de l’adoption à l’ONU du Traité d’interdiction des armes nucléaires en juillet 2017 par une large majorité de membres, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) ont publié une déclaration commune : « Jamais nos pays ne signeront ni ne ratifieront ce traité, qui n’établit pas de nouvelles normes ». Ainsi ces Etats, prétendument démocratiques, affichent un front uni et imposent leurs privilèges mortifères.

Avec ou sans guerre, l’intérêt commun des bourgeoisies, malgré leurs divergences, réside dans leur capacité à exploiter les travailleureuses et d’empêcher que les prolétaires de tous les pays s’unissent pour condamner les menées impériales et guerrières contre les peuples. En son temps, Rosa Luxembourg définissait l’impérialisme comme l’expression politique du processus de l’accumulation capitaliste.

La guerre en Ukraine a déjà deux conséquences majeures : la volonté des Etats-Unis de renforcer à leur profit la cohésion du bloc transatlantique et la fragmentation de l’espace mondial sous les effets combinés et potentiellement dévastateurs du protectionnisme économique et des conflits armés.

Lors d’une intervention devant des dirigeants des grands groupes états-uniens, Biden a rappelé « nous sommes tous capitalistes dans cette salle (…) la guerre marque un point d’inflexion dans l’économie mondiale, et même dans le monde comme il s’en produit toutes les trois ou quatre générations (…). Il ajouta « les Etats-Unis doivent prendre la tête du nouvel ordre mondial en unissant le monde libre ». Ce nouvel ordre est dirigé contre la Chine. Elle est pour les USA la principale menace. Biden ou Trump, c’est bonnet blanc et inversement contre l’empire du milieu. L’administration Biden compte consolider la domination américaine sur le bloc transatlantique que le mandat de Trump avait plutôt affaiblie. Avec la guerre en Ukraine, la démonstration est faite que l’UE ne pourra se défendre que sous domination OTANesque.

Les pulsions « obligeant » la dynamique du capital à créer sans cesse de nouveaux marchés sont endémiques ; elles s’enchevêtrent avec les rivalités nationales, résultant de la concurrence entre les capitaux contrôlés par les transnationales (multinationales). Or celles-ci demeurent, en dépit de tout, des louanges du capitalisme global et du jaillissement supposé d’une « classe capitaliste transnationale », appuyés à leur pays d’origine. Ils ont tiré une partie de leurs profits du soutien politique desdits Etats.

L’invasion de l’Ukraine n’est finalement qu’un aboutissement, accélérant un processus à l’œuvre et donc inévitable. La compétitivité entre les blocs et alliances se mute peu à peu en affrontement armé. Les conflits sociaux ou militaires dans le Sud en sont l’illustration.

Les ennemis de mes ennemis sont-ils mes amis ?

Le fait que l’Occident ne pointe le « méchant impérialisme » que chez ses concurrents n’exonère pas toute diatribe de son opposition interne ; on ne saurait considérer la Russie de Poutine et de ses exactions impérialement criminelles sous couvert qu’il est la « victime » de l’Otan. Poser son regard sur la charpente que constituent les antagonismes inter-impérialistes dans cet article n’interdit pas de dénoncer l’invasion de l’Ukraine et de reconnaître le droit des peuples à être leur libre arbitre. La solidarité avec les Ukrainien-nes est une évidence ; elle doit s’imposer sans omettre la critique de tous les impérialismes (Chine, Iran, Russie, Turquie, UE, USA…) et du régime ukrainien lui-même.

Il est indiscutable que l’OTAN a élargi son assise après la chute du mur et intégré la majorité des Etats d’Europe centrale dans son bloc. Cette extension est la résultante de l’oppression subie par les populations de cette région européenne soumise après guerre à Moscou. Les travailleureuses ont en effet goûté au « socialisme de caserne », à celui des chars que l’URSS néo-stalinienne et ses satellites ont mis en œuvre à Berlin (1953), Budapest (1956), Prague (1968) et en Pologne (1981). Aujourd’hui, les voisins de la Russie craignent toujours ses canons et sa répression des libertés.

Si la guerre en Ukraine relève bien d’une querelle inter-impérialiste au sein d’un capitalisme en crise aiguë, elle reste néanmoins un impérialisme contre un peuple souverain. Elle est la négation absolue du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ce qui fait de l’Ukraine un dommage collatéral, tout comme les Kurdes dont le territoire est occupé par la Turquie et l’Iran.

Source : alencontre.org 

Article paru dans le n° 84 de la revue Pour l’Emancipation Sociale

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Jano Celle

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